L'herbe est humide, sans doute la rosée d'une fraîche matinée d'un printemps gris. A la lisière d'un prés bien vert, un bois, tout aussi vert qui masque une réalité, un point d'interrogation, qui attise les regards, comme si le devenir de l'instant suivant en dépendait, comme un fil tendu au-dessus d'une épée de Damoclès. La vie s'est arrêtée, les oiseaux ne chantent pas aujourd'hui, les hommes se regardent en silence, l’œil rond, le visage inexpressif d'un masque tendu au questionnement muet d'un cerveau fébrile : c'est quoi ça? Ne rien répondre, surtout pas. Qui se risquerait à parler ? Qu'est ce que tout cela, peu importe, cela n'existe pas, c'est impossible, et puis là! Parlons d'autre chose! Pensons à autre chose...est ce possible ? En bordure du prés, des bâtiments de pierres ocres, une ancienne ferme, une habitation. A l'intérieur une femme est là, dans cette salle immense où tout au fond un feu ...