février 2013 C’est quand il est trop tard, parce qu’on a tourné le dos à toutes les meilleures options, qu’on nous somme de choisir entre le mauvais et le pire. Neuf jours après les attentats du 11 septembre 2001, le président George W. Bush menaçait déjà urbi et orbi : « Ou bien vous êtes avec nous, ou bien vous êtes avec les terroristes. » Deux guerres ont suivi, en Afghanistan puis en Irak. Avec les résultats que l’on connaît. Au Mali, il faudrait de nouveau, d’urgence, trancher entre les deux termes d’une alternative exécrable. Car comment se résigner à ce que des bandes armées porteuses d’une idéologie et de pratiques obscurantistes puissent menacer les populations du Sud après avoir terrorisé celles du Nord ? Mais comment ignorer que l’invocation de mobiles humanitaires, la propension à criminaliser les ennemis politiques (les talibans afghans ont été associés à des trafics d’opium, les Forces armées révolutionnaires de Colombie [FARC] à des ventes de cocaïne ou à des prises...